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La Grande Arnaque

 

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contre la télé réalité

La télé-réalité en procès
« Koh-Lanta », L’Île de la tentation », « Y a que la vérité qui compte », « Super Nanny ».

Contrats confus, manipulations diverses…
TF1 et M6 font des participants à leurs reality-shows de la chair à Audimat.
Et tant pis pour les dégâts… Sauf que les « caves » se rebiffent et gagnent leur procès.
Descente dans l’envers du décor.

Verra-t-on bientôt un élève de la « Star Academy » porter plainte contre Endemol (société productrice) et contre TF1 pour « publicité mensongère » ?

Il faut dire que l’offre est tapageuse. De chaîne en chaîne, des marchands de vent s’engagent à transfigurer votre vie en un tour de passe-passe : dresser le bambin capricieux (« Super Nanny »), rééduquer l’ado rétif (« le camp des fortes têtes »), lui inculquer la discipline scolaire (« le pensionnat de Sarlat »), apprendre les règles de base de l’hygiène (« c’est du propre »), faire de vous un héros (« Koh-Lanta »), remettre de l’ordre dans votre foyer (« Quelle famille »), éprouver la solidité de votre couple (« L’île de la tentation »), décrocher l’âme sœur (« The Bachelor »)… La liste n’est ni exhaustive ni close : c’est bien simple, au train où ça va, il existera bientôt un programme pour chaque « problème » de la vie quotidienne.
Pour toutes ces émissions de télé-réalité, un seul credo : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».
Si la mésaventure de certains est d’une tristesse infinie, Sylvie F. sortira, elle, dévastée par son passage à la télé.
Contactée par l’équipe de « Y a que la vérité qui compte » en avril 2004 (TF1), la jeune femme accepte de participer à l’émission.
Selon le « concept » Sylvie ignore qui elle va rencontrer.
Pourvu que cela ne soit pas Christophe Lefebvre, l’ex fiancé qu’elle a quitté ! Mais non, ce ne peut pas être lui… On lui promet « une surprise ».
De plus, comme le serinent à chacun des participants les deux animateurs, Bataille et Fontaine, « ici, la personne qui vous invite n’a que des choses gentilles à vous dire ».
Elle ne va pas être déçue !
La « surprise », c’est bel et bien Christophe qui entend la reconquérir grâce aux bons offices de TF1. En l’apercevant à l’écran, Sylvie se sent « trahie », refuse de lui parler, demande que l’émission ne soit pas diffusée, se lève et quitte le plateau.
Las. Selon les producteurs de l’émission, le contrat qu’elle avait signé stipulait une autorisation de diffusion. « Je croyais qu’il s’agissait d’une assurance », a-t-elle expliqué au tribunal. L’émission est tout de même diffusée le 3 mai 2004.
Quelques jours plus tard, enragé par cette humiliation publique (3 millions de téléspectateurs) l’homme deux fois éconduit se présente chez Sylvie, l’agresse et la viole.
En octobre 2005, la cour d’appel de Douai l’a condamné à quatre ans de prison ferme (et un an avec sursis).
Ingrate Sylvie ! Bien que Loribel, la société productrice, lui ait fait parvenir… un bouquet de fleurs, elle a chargé son avocat de porter plainte contre les responsables de l’émission.


Les gens ont peurs de dénoncer et porter plaintes, ils sont face de ce monde télé poubelle et des chaînes privées avec de grosses productions télé réalité, comment faire pour les contrer!
C’est pourquoi L’Association des Victimes de la Télé Réalité, va voir le jour

 

Charte des familles "Quelle famille du 14/10/2005"

CHARTE DES PROFILS FAMILLE

 

POUR QUE LA FAMILLE SOIT VALIDEE IL FAUT:

 

 

 

1 . Un enfant/ personnage fort qui parle, raconte sa famille, c'est notre

 

fil rouge

 

Il vit soit :

 

2 Il:

 

dans une famille atypique, insolite où on découvre un milieu très différent (catho, juive folklo, Groseille...) Dans une famille où il y a des problèmes, des difficultés d'ordre éducatives ou psy

 

- On doit savoir ce que que vit l'enfant dans sa famille et ce qu'il en pense. Cela doit susciter des réactions du téléspectateur: jugements, incompréhension, désaccord, reconnaissance, identification, découverte d'un milieu inconnu ou insolite.

 

- C'est la vie et le point de vue des enfants et des ados qui nous intéresse.

 

 

 

- Le reportage doit susciter des émotions. On doit être ému, intrigué, étonné, déstabilisé par ce que raconte et ce que vit l'enfant.

 

Les enfants et les ados qui regardent l'émission doivent sentir qu'on parle d'eux, de leurs copains, qu'on s'intéresse à leur préoccupations, qu'on leur donne la parole. On les écoute, on les comprend.

 

3 Soit il assume les choix de sa famille,1 soit il se sent mal dans la famille

 

 

 

A - Il se sent mal dans sa famille

 

Il est en désaccord avec ses parents ou ses beaux parents, ses frères ou ses sœurs. Il s'oppose au modèle familial, se rebelle, cherche d'autres voies.

 

Il ne trouve pas sa place, se sent rejeté, mal aimé, en conflit avec un membre de la famille. Il pleure, se dispute ou au contraire s'isole et se renferme.

 

Il joue un rôle dans la famille qui ne devrait pas être le sien. Il joue les parents de substitution volontairement ou non etc...

 

 

 

-          Il soulève des enieux qui seront développés par le pédopsy en plateau.

 

 

 

             B - Il assume les choix de sa famille.

 

Il revendique les valeurs de sa famille, il est dedans et nous raconte pourquoi, comment. Il nous permet de découvrir son milieu, son univers et sa vie d'enfant ou d' ado dans ce contexte.

 

Dans ces familles atypiques, il peut ne pas y avoir de problème psy lourds ou évidents mais il faut que nous découvrions une façon de vivre insolite.

 

 

 

_ Il raconte un mode de vie et nous donne son point de vue qui sera utilisé contre point en plateau et pourra donner lieu à des rencontres/confrontations avec les autres familles du plateau.

 

_ Il apporte du débat

 

 

 

 

 

 

 

Canal+ 14/02/2006

Mardi 14 Février 2006

Ce soir, dans son magazine "90 minutes", Canal+ nous propose une enquête de Virginie Roels qui s'intitule "Domages collatéraux de la télé-réalité".

La présentation de l'émission par la chaîne est la suivante (source Canal+) :

"Confession Intime,  C’est quoi l’amour,  Super Nanny, Quelle famille,  Je veux maigrir, Panique en cuisine, Mon incroyable fiancé… sur les six premières chaînes nationales pas moins de 21 talk-shows, émissions de télé réalité et de « coaching » dévoilent la vie privée de gens ordinaires. De la chair à audimat dont personne n’entend plus parler une fois l’émission diffusée.

Des confidences qui  se font de plus en plus dans leur foyer, devant les enfants et les proches, et dont les dommages commencent tout juste à émerger.

Qu'advient-il de ces personnages une fois l'émission diffusée, une fois dévoilés à des millions de téléspectateurs les revers et les secrets de leur vie privée ?

Pour 90 MINUTES, Virgine Roels a rencontré de nombreuses familles qui ont participé à ces émissions, et découvert de réels traumatismes. Les dommages chez une mère humiliée à plusieurs reprises devant ses enfants. Les dommages d’un montage si caricatural et mensonger qu’il a valu à des parents d’avoir une visite des inspecteurs des services sociaux, la Ddass. Les dommages sur l’image d’un restaurant après le passage éclair d’une équipe de coachs. Des dommages enfin qui ont conduit un homme en prison et une femme en dépression.

Pour la première fois, les témoins malmenés ont décidé de se défendre, de porter plainte et de se réunir pour alerter l’opinion du « danger de la télé réalité ». Les familles se plaignent de ne pas avoir reçu l’aide psychologique promise par les équipes de production.

Les producteurs de ces différentes émissions ont accepté de répondre aux questions de 90 MINUTES sur leurs responsabilités dans ces situations délicates et sur le risque d’exposer en prime time des familles particulièrement vulnérables.

Parmi les témoins, Anaïs, ex participante à Super Nanny.  Interrogée par Tv Mag, ses sentiments après son passage dans Super Nanny sont la colère, l'humiliation et la révolte. Avec trois autres familles, elle intente une action en justice, et demande l'annulation des contrats où leur droit à l'image est cédé durant dix ans. Selon elle, tout ce qu'on a vu est faux. Les conséquences : des gens qui dans la rue lui disent qu'elle est une mauvaise mère ou que son mari est un incapable... Ou encore, la travailleuse familiale qui l'aide à la maison a été convoquée à la direction du Développement d'aide en milieu rural en présence d'une assistante sociale pour savoir si chez eux c'était tous les jours comme ce qu'on a vu sur M6..."

 

 

Sale temps pour la Télé Réalité

ARTICLE MARIANNE-EN-LIGNE.FR

Verra-t-on bientôt un élève de la «Star Academy» porter plainte contre Endemol (société productrice) et contre TF1 pour «publicité mensongère»? Après tout, contrairement à ce que claironne le titre de cette émission gentillette, aucun «académicien», ainsi que les appelle pompeusement le suave Nikos Aliagas, pas même un gagnant, ne s'est transformé en «star», hormis peut-être Jenifer, la première lauréate, et encore. A peine quelques chanteurs formatés qui s savourent leur statut de «demi-people» le temps d'une saison... La question, pourtant, n'est pas gratuite si l'on en juge par la dernière tendance qui semble se dessiner dans le paysage audiovisuel français: de plus en plus de participants aux émissions de télé-réalité se tournent vers la justice ou menacent d'y recourir. Et quand ces «témoins» se transforment en plaignants, ils crachent le morceau. En avant pour le grand déballage!

Davantage que les procès eux-mêmes, ce qu'ils révèlent des pratiques télévisuelles, hallucinantes, mais surtout du désarroi de milliers de Français prêts à tout pour qu'on leur accorde un peu d'attention laisse pantois. Et si certains d'entre eux cèdent à la judiciarisation galopante en prenant soin de contacter un avocat avant même de postuler, la majorité de ceux, de plus en plus nombreux, qui se bousculent au portillon pour «passer à la télé» croient sincèrement que les reality-shows (terme anglais plus approprié qui signifie «spectacle de la réalité») vont leur apporter la célébrité. Pour ce quart d'heure warholien, ils abandonnent leur identité (rien que des prénoms) et leur rêve de gloire. De là à croire que la télé va, en prime, les aider à résoudre leurs problèmes, beaucoup franchissent le pas quoi qu'ils en disent après.

Il faut dire que l'offre est tapageuse. De chaîne en chaîne, des marchands de vent s'engagent à transfigurer votre vie en un tour de passe-passe: dresser le bambin capricieux («Super Nanny»), rééduquer l'ado rétif («Le camp des fortes têtes»), lui inculquer la discipline scolaire («Le pensionnat de Sarlat»), apprendre les règles de base de l'hygiène («C'est du propre»), faire de vous un héros («Koh-Lanta»), remettre de l'ordre dans votre foyer («Quelle famille!»), éprouver la solidité de votre couple («L'île de la tentation»), décrocher l'âme soeur («The Bachelor»), de préférence millionnaire («Greg...» du même nom), terrasser vos phobies («Fear Factor») ou encore vous réconcilier avec tout le monde («Y a que la vérité qui compte»)... La liste n'est ni exhaustive ni close: c'est bien simple, au train où ça va, il existera bientôt un programme pour chaque «problème» de la vie quotidienne.

Pour toutes ces émissions de télé-réalité, un seul credo: «les promesses n'engagent que ceux qui y croient». Pour asseoir cette devise qui rapporte (beaucoup), des «contrats», aussi vagues quand il s'agit des droits des «anonymes» que bétonnés dès que cela touche à l'intérêt des chaînes et des producteurs. Eblouis, les impétrants signent des clauses dont ils ne mesurent pas les effets sur leur vie privée. Et que dire du montage soigneusement bidouillé et du commentaire assassin?

Laurent Maïus, le premier protagoniste d'un reality-show à porter plainte en 2003, l'aura appris à ses dépens. En 2002, Laurent, pizzaïolo d'Aix-en-Provence, et sa compagne Aurélie participent à «L'île de la tentation». Comment mieux prouver la force de son amour qu'en résistant à la tentation? On croit rêver! Vient la signature non pas d'un contrat, mais d'un «règlement-participant» qui oblige les candidats à la confidentialité pendant un an après la diffusion du dernier épisode, sous peine d'une «amende» de 15 000 euros par information révélée! Le couple tique mais s'empresse de signer: on leur rappelle à tous les deux que plusieurs candidats ne demandent qu'à les remplacer. Arrivés au Honduras pour le tournage, les couples sont immédiatement séparés. Très vite, le séjour se transforme en cauchemar. Privations de nourriture et de sommeil, omniprésence des caméras, interviews interminables, pièges savamment concoctés en vue d'obtenir des images croustillantes - avec filles explosives pour les garçons et éphèbes taillés dans le marbre pour les filles. Laurent supporte tout, pourvu qu'on le laisse exaucer son rêve: profiter de la présence des caméras pour demander Aurélie en mariage dès qu'il l'aura retrouvée. Le malheureux ignore que, d'épisode en épisode, on l'a vu «s'approcher» d'une rousse flamboyante, et, pour finir, se réveiller auprès d'elle. Certes, ils ont dormi dans deux lits séparés, mais la magie du montage opère et le commentaire fait le reste. Dans le camion-pizza, rien ne va plus: des voitures s'arrêtent, les gens traitent Aurélie de cocue. Le couple vacille et Aurélie quitte Laurent, qui sombre dans la dépression, avant de se ressaisir et de porter plainte: deux ans de procédure, mais il ne désarme pas.

Si la mésaventure de Laurent est d'une tristesse infinie, Sylvie F. sortira, elle, dévastée par son passage à la télé. Contactée par l'équipe de «Y a que la vérité qui compte» en avril 2004 (TF1), la jeune femme accepte de participer à l'émission. Selon le «concept», Sylvie ignore qui elle va rencontrer. Pourvu que ce ne soit pas Christophe Lefebvre, l'ex-fiancé qu'elle a quitté! Mais non, ce ne peut pas être lui... On lui promet «une surprise». De plus, comme le serinent à chacun des participants les deux animateurs, Bataille et Fontaine, «ici, la personne qui vous invite n'a que des choses gentilles à vous dire». Elle ne va pas être déçue! La «surprise», c'est bel et bien Christophe qui entend la reconquérir grâce aux bons offices de TF1. En l'apercevant à l'écran, Sylvie se sent «trahie», refuse de lui parler, demande que l'émission ne soit pas diffusée, se lève et quitte le plateau. Las. Selon les producteurs de l'émission, le contrat qu'elle avait signé stipulait une autorisation de diffusion. «Je croyais qu'il s'agissait d'une assurance», a-t-elle expliqué au tribunal. L'émission est tout de même diffusée le 3 mai 2004. Quelques jours plus tard, enragé par cette humiliation publique (3 millions de téléspectateurs), l'homme deux fois éconduit se présente chez Sylvie, l'agresse et la viole. En octobre 2005, la cour d'appel de Douai l'a condamné à quatre ans de prison ferme (et un an avec sursis). Ingrate Sylvie! Bien que Loribel, la société productrice, lui ait fait parvenir... un bouquet de fleurs, elle a chargé son avocat de porter plainte contre les responsables de l'émission. Loribel a d'ores et déjà fait savoir qu'elle possède plusieurs courriers de Christophe Lefèbvre lui assurant qu'«il n'avait pas agi sous l'impulsion de l'émission». Quant à Bataille et Fontaine, ils ne se sentent pas concernés par ce qui «s'est passé en dehors du plateau»: «On nous dit que ion manipule les invités, alors que ce sont les gens qui sont demandeurs. On en dissuade beaucoup, on enquête, on vérifie leurs propos. Et ceux qui viennent, on leur fait signer plusieurs autorisations: après l'enregistrement, avant la diffusion. Ils sont toujours libres de refuser. Certains le font. Nous avons une éthique très pointilleuse.»Interview au quotidien le progrès du 29 octobre 2005. «Ethique» et «concept» sont les mots fétiches du PAF... Bon courage, Sylvie.

Moins dramatique, fin 2003, à l'issue de «Koh Lanta», la gagnante, Isabelle Seguin, compte bien empocher les 100 000 euros promis au vainqueur. Or, «le conseil final», composé des perdants, désigne cette fois deux gagnants. Résultat: Adventure Line Productions (ALP) doit verser deux fois 100 000 euros, comme l'indique le contrat. Que fait-on à ALP? On se garde bien d'avertir Isabelle, on guette l'instant où elle doit entrer en plateau pour une ultime apparition et on lui fait signer une «lettre accord» qui l'oblige à partager ses gains en deux! Après plus d'une année de bataille juridique, Isabelle a fini par gagner.

Tout comme Anthony, Marie et Arno, trois participants de «L'île de la tentation» qui n'ont pas hésité à porter plainte contre Glem, filiale de TF1, devant le conseil des prud'hommes de Paris pour faire requalifier leur participation en contrat de travail. Le 30 novembre 2005, ils ont obtenu gain de cause. Selon leurs avocats, ils étaient, en fait, tenus par un lien de subordination, c'est-à-dire qu'ils avaient des ordres et des interdictions précises (comme celle de joindre leurs proches par téléphone). Ils avaient des activités (l'enregistrement de certaines séquences pouvant durer plusieurs heures). Enfin, ils touchaient une rémunération de 1 525 euros destinée à couvrir les droits d'éventuels produits dérivés. Résultat: les centaines de participants aux émissions de télé-réalité pourront désormais exiger un statut plus conforme au code du travail. A moins que Glem ne gagne en appel...

Les chaînes ont du mouron à se faire, et pas seulement TF1. M6, sa concurrente ès reality-shows, n'est pas en reste. Dernier épisode judiciaire en date, des familles marseillaises ayant participé aux émissions «Super Nanny» et «Quelle famille!» ont chargé Me Gilbert Collard de défendre leurs intérêts contre M6 et les sociétés de production concernées. Parmi ces participants, Christelle, 40 ans, aide-soignante, fut la première maman à avoir «sollicité» l'aide de Super Nanny. «Je n'ai rien sollicité du tout», proteste-t-elle. Et, en passant, elle révèle comment les chaînes recrutent leurs candidats. Il y a trois ans, Christelle avait participé à la défunte émission «C'est mon choix», sur France 3. «J'avais bien apprécié cette expérience, raconte-t-elle. On m'a payé le voyage en avion, on m'a maquillée, on m'a bien traitée, c'était génial.» C'est là que M6 la repère, cherche ses coordonnées et les note sur ses listings. «Un jour, une journaliste m'a téléphoné de Paris pour me proposer de participer à une émission sur les mères possessives.» Oui mais voilà, possessive, Christelle ne l'est guère. Elle et son époux seraient plutôt du genre à se laisser tourner en bourrique par leur petite Emma, 4 ans, un enfant roi, capricieuse comme pas deux.

Qu'à cela ne tienne, M6 a en soute Super Nanny, une gouvernante bourrée de références - pensez, elle aurait travaillé pour Pamela Anderson! - et de l'expérience à revendre, qui débarque chez vous et se fait fort, en dix jours, de transformer Emma en une petite enfant sage comme une image... Enchantés, Christelle et son mari signent le «contrat», les yeux fermés. L'équipe débarque avec Cathy, la Super Nanny. «J'avais imaginé une dame rondouillarde et rassurante et j'ai eu l'impression de me retrouver devant un sergent-chef, ça a été une douche écossaise, raconte Christelle. Au début, elle était gentille, elle nous a tout de suite tutoyés, elle m'a fait des confidences sur sa vie, elle m'a étalé un CV d'enfer...» La production fait remarquer à Super Nanny qu'une nurse ne tutoie pas «ses patrons». Plutôt que de tourner à nouveau les séquences (trop cher), la chaîne «corrige» cette erreur grâce au commentaire: «Comme Christelle reste réticente aux conseils de Super Nanny, Cathy la tutoie pour la mettre à l'aise.» Très vite en effet, Christelle se cabre devant le ton péremptoire de la nounou: «Je croyais qu'elle venait m'aider, elle se substituait à moi. Elle fumait dans la maison, moi pas. Le comble, c'est que j'ai dû lui demander d'aller fumer sur le balcon! Leur technique, c'est de provoquer des conflits pour les filmer. Ils me disaient: au supermarché, vous passerez devant le rayon jouets et quand Emma demandera un jouet, surtout, refusez! Ou alors Super Nanny allait voir ma fille aînée (18 ans), née d'un premier mariage, et lui disait: «Tu vois, ta mère ne s'occupe que d'Emma, elle te délaisse.» C'est arrivé plusieurs fois jusqu'à ce que ma grande se mette à pleurer. C'est cette séquence qui est restée au montage.» Le lendemain de la diffusion, le père de la jeune fille l'a appelée pour lui proposer de venir vivre chez lui.

En fin de compte, comme Christelle ne joue pas le jeu, on l'écarte au profit de son compagnon, «beaucoup plus docile», selon elle. «Et quand on a demandé si on allait voir l'émission avant sa diffusion, ils nous ont dit: «Ah, mais nous, on sera à Paris, ce n'est pas possible.»» C'est effectivement à la diffusion que la famille découvre le pot aux roses: «On passait pour des parents défaillants qui mettent leur petite fille en danger. Ces gens à qui on a ouvert notre maison nous ont pris pour des ânes.» La moins dupe dans tout ce cirque, c'est sans doute la petite Emma. «Après leur départ, poursuit Christelle, quand j'ai voulu appliquer les règles de Super Nanny, Emma a dit: «Oh maman, ça va, tu peux arrêter, ils sont partis...» Pour elle, c'était un jeu, elle faisait tout pour plaire aux caméras.»

A la suite de Christelle, plusieurs familles de Marseille ont, à leur tour, participé à l'émission. «Ils préfèrent les gens du Sud, on est plus expressifs, on passe mieux à la télé», commente Christelle. C'est vrai qu'on y voit rarement des Parisiens, mais «ils» ont aussi une tendresse pour le Nord - Pas-de-Calais, pourvoyeur de familles nombreuses «à problèmes». La misère est télégénique. Humiliée de lire des commentaires désobligeants pour elle et sa famille sur le forum de l'émission, furieuse contre Cathy qui n'a jamais tenu sa promesse de revenir les voir et qui leur avait même juré de les inviter en vacances en Tunisie (!), Christelle mobilise plusieurs participants. «Au début, dit-elle, personne n'osait critiquer l'émission. J'avais l'impression qu'on avait été dans une secte. Dès que j'ai commencé à dire ce que je pensais de Cathy et de ses méthodes, les langues se sont déliées.» Ce qui n'empêche pas son compagnon, peu rancunier, d'en redemander. «Si j'ai la chance de repasser à la télé, avoue-t-il, je ne dirai pas non

Finalement, quatre mamans décident de porter plainte contre M6 et Fremantle, le producteur. «Le comble, c'est que ces familles m'ont choisi par ce que je suis un avocat médiatique, plaisante Me Collard. Ces personnes ont signé un contrat qui promettait un suivi psychologique. Elles n'ont jamais eu copie du contrat et n'ont jamais vu de psy. J'ai tout de même réussi à en obtenir un, et, ce qui est curieux, c'est qu'il y est précisé noir sur blanc que, concernant «la moralité de Super Nanny, la production a une obligation de moyens et pas de résultats». Textuellement, cela signifie qu'ils ne garantissent pas sa moralité. Or, il a parfois été utilisé de drôles de techniques pour faire pleurer les enfants

Plus grave, l'une des familles plaignantes qui, elle, a participé à «Quelle famille!» (M6) a reçu une convocation de la Ddass: ses fonctionnaires s'étaient alarmés de ce qui était montré à l'antenne.

Selon Me Collard, les conditions de tournage n'ont pas été respectées. «On leur avait promis de ne pas déborder de leur sphère privée; or, certaines séquences ont été filmées devant l'école des enfants. Le pire, pour eux, c'est le sentiment d'avoir été «chosifiés». Ils se sentent blessés d'avoir été infantilisés pendant le tournage et diffamés par le montage qui les présente comme des parents défaillants. Ils ont surtout le sentiment d'avoir été humainement trahis par des gens, comme la Super Nanny à qui ils se sont confiés et à qui ils ont ouvert leur porte.»

Les plaingnantes non plus M Gilbert COLLARD, mais M. MOREL.

 

Mais alors pourquoi acceptent-ils de participer? «Ils y voient un moyen thérapeutique et aussi un moyen d'être vus et reconnus. La démarche est facile, on leur vend le programme sous un emballage séduisant. Après, on a le sentiment qu'ils sont sous hypnose. Ils entrent dans une société virtuelle: c'est un peu «niez-vous les uns les autres».» Espèrent-ils gagner? «Je suis conscient, conclut l'avocat, que nous aurons du mal à prouver tout cela parce que nous n'avons pas réussi à obtenir les rushes: selon la chaîne, ils ont été détruits

Alors? Alors, on comprend mieux, à travers ces quelques exemples, à quel point les truqueurs de réalité restent «pointilleux» sur «l'éthique». La preuve? Pascal Bataille et Laurent Fontaine, l'ineffable duo de «Y a que la vérité qui compte», font savoir le plus sérieusement du monde qu'ils réfléchissent à l'élaboration d'une charte de défense des droits du témoin... et du producteur, au sein du Spect (Syndicat des producteurs et créateurs d'émissions). «Parce que, précisent-ils, il faut une éthique [encore!] sur laquelle tous les producteurs peuvent s'aligner. On veut protéger les gens... mais aussi se protéger contre les attaques. Certains anonymes sont manipulés par des avocats.» Mais jamais manipulés par la télé!

Sale temps pour la télé-réalité! Non seulement les audiences baissent, mais les caves se rebiffent. Et quand les caves se rebiffent, c'est le pactole qui se tarit...